UN QUINQUENNAT si TRANQUILLE

Publié le par lambersart-yvon cousin

couverture-livre-MPD.jpgVraiment si tranquille que cela le quinquennat de Nicolas Sarkozy ? Pas si sûr quand on lit notre maire...

    Le livre se lit vite et permet de satisfaire rapidement 2 sortes de curieux : ceux qui veulent revivre la campagne présidentielle commenceront par la deuxième partie « les instantanés de campagne » et ceux qui voudront rouvrir les portes du quinquennat liront de manière linéaire les 159 pages. C'est vivant et parfois convaincant, comme sait l'être M.P. Daubresse dans ses discours.Ceux qui le connaissent retrouveront quelques formules qu'il affectionne et qui jalonnent sa démarche du genre :dans un monde qui change il faut évoluer si l'on veut rester soi-même.

Le style est clair, jamais pédant. Quelques images ou métaphores illustrent les démonstrations de manière pédagogique.J'ai apprécié la stratégie du cycliste de N. Sarkozy qui démarre tard, grignote son retard dans les cols et entre les 2 tours sprinte contre la montre contre F. Hollande qui pratique le Madison, une vieille danse des années 1960. Mais,je pense que M.P. Daubresse, par ailleurs bon danseur de rock, s'est trompé dans les pas du Madison ! J'ai beaucoup aimé aussi la comparaison du sens stratégique de l'ex-président au jeu de go tandis que F. Bayrou adopterait lui la stratégie d' un joueur de poker .

Si l'on m'avait interrogé sitôt ma lecture faite, j'aurais exprimé 3 ou 4 opinions :

Tout d'abord, aurais-je dit : « C'est du vrai Sarko, ascendant Borloo ». Les 20 pages (!) de l'avant propos sont un panégyrique ! Nicolas Sarkozy y est présenté comme un être chaleureux,sensible, curieux, un homme « singulier », une personnalité époustouflante , (et le mot est faible,) pour qui j'ai beaucoup d'admiration. Et plus loin...c'est un homme vulnérable, sensible; pas une machine. Il est humain.

On peut difficilement être plus élogieux.
J.L. Borloo, son « frère », comme il l'a appelé à Lambersart,n'est pas oublié. Le « zozo » comme l'avait qualifié Fillon, est présenté comme rigoureux, analytique, anxieux , perfectionniste, « visionnaire prospectif », sensitif, intuitif …

Pas moins de 7 fois, M.P. Daubresse dit, redit, rappelle, insiste, affirme et réaffirme que l'erreur fondamentale de Sarkozy a été de ne pas prendre « le tournant social », avec bien sûr J.L Borloo comme premier ministre et, sous entendu lui-même dans l'équipe sociale.

Si tout cela n'est pas la démonstration évidente que M.P. Daubresse n'est pas un « Sarko, ascendant Borloo », il va falloir écrire une thèse

J'ai ensuite eu l'impression que M.P.Daubresse , jetait sur le quinquennat le regard navré d'un acteur souvent impuissant.

C'est là le centre du livre . Comme un médecin légiste il a voulu connaître les causes de la mort. « mon propos est de faire , sans complaisance ,l'autopsie de ce quinquennat pour comprendre les raisons de cet échec ».Ses fonctions de ministre ou de cadre de l'UMP en ont fait un observateur critique : le flot des réformes ? Ça partait dans tous les sens !

La gouvernance ? Alors que la France est gérée de façon calamiteuse, Il (N.S) n'en a pas changé le fonctionnement !

L'ouverture ? Les nominations ministérielles ? Du vaudeville ou une pièce de Feydeau ! La réforme territoriale ? Personne ne la demandait ! L'efficacité ? C'est l'effet Joule ! On met toute sa combativité à régler des problèmes à l'intérieur du gouvernement au lieu de produire de l'énergie à l'extérieur....

Pas tendre ! D'autant moins qu'il a eu plusieurs fois l'impression de ne pas être écouté. Pour assurer des changements rapides en 2007, il a proposé avec d'autres de gouverner par ordonnances. Sans suite. Ou encore en 2012, quand il a proposé une stratégie de rapprochement avec Bayrou et un coup de téléphone de Sarko à ce dernier. Mais le coup de téléphone Bayrou-Sarkozy n'a pas eu lieu ! En tant que ministre il a dû aussi constater son impuissance, victime d'un système où on lui accorde des crédits ce qui permet d'annoncer des actions publiques et, quelques mois plus tard les crédits sont gelés, ce qui empêche de mettre en oeuvre les politiques sur le terrain . Bonjour la crédibilité !

Et, comme tout le monde , j'ai apprécié les « coups de griffes » people !

 En vrac, l'influence « néfaste » de Cécilia; la présence au gouvernement de Fadéla Amara « à titre cosmétique »; Bayrou comparé à « Jésus prêchant sur la montagne »; l'inénarrable Christian Vanneste; « les castings ahurissants », Rachida Dati et Rama Yade représentant la diversité à défaut de la compétence et surtout « le grand pouvoir de nuisance de Fillon qui peut recourir à des méthodes dignes de l'époque de la reine Margot ».On s'amuse au gouvernement .En voilà quelques uns qui sont rhabillés pour l'hiver !

L'épilogue ne m'a pas déçu.

Les hommes politiques aiment bien tracer des perspectives et tentent d'avoir une vision globale de l'avenir du pays ou du monde. Bien sûr on ne s'étonnera pas que M.P Daubresse pense que « les Français ont rejeté le style Sarkozy sans pour autant choisir fermement Hollande. Au contraire ,ils ont plutôt adhéré aux valeurs de la droite ,sans rejeter le programme de la gauche ». De mon point de vue, c'est à nuancer, comme cette prédiction qu'avance notre maire que « demain,il y aura un petit parti de centre gauche dirigé par Bayrou et un parti de centre droit un peu plus gros, dirigé par Borloo ». A voir.

Je l'accompagne davantage dans sa vision d'une France qui fait penser à la chute de l'Empire romain, de notre obligation d'aller vers un changement radical en bousculant les fondements de notre société.

Si vous avez encore un peu de temps pendant ces vacances, je vous invite à poursuivre la reflexion en rapprochant la première phrase du livre : 

« Cet homme hors du commun avait tout pour gagner en 2012 »

et la dernière :

« La situation actuelle apparaît pré-révolutionnaire. Au minimum, nous ne ferons pas l'économie d'une révolution des mentalités »


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