MON PERE AVAIT 26 ANS ( 27)

Publié le par lambersart-yvon cousin

 

19 NOVEMBRE 1940        Je reçois aujourd'hui une carte de ma femme et une de ma mère . Elles me comblent de joie .

 Je suis allé plusieurs fois au ciné . J'ai vu Fernandel en chair et en os . Je me promène certes mais j'ai abandonné les cannes pour les béquilles . Le 6 novembre la Radio a fait connaître mon adresse . Le 21/ 11 je reçois une carte d' Evreux et le 22/11 une lettre de Marguerite ; le 23 encore une carte de maman et le 24 une deuxième lettre de ma petite femme.

 A Nîmes, on a l'impression que les gens ne travaillent pas beaucoup , ce qui est vrai .Il y a peu d'industries . A. Daudet est originaire de cette ville . On vient de rendre hommage à sa mémoire .

Il me semble que les gens ne sont pas très difficiles quant à la propreté. Je serai très heureux de quitter la capitale du Gard mais je ne voudrais le faire que guéri afin de ne pas retarder toutes les formalités administratives .

 On a du mal à se rendre compte qu'il y a eu la guerre, à part les restrictions apportées dans tous les domaines . Nous mangeons beaucoup de poireaux, de navets, de carottes, des pâtes, des haricots . De la viande ,une fois . Le supplément que nous avions obtenu a été supprimé .

 Le ministre de la guerre est venu à Nîmes mais pas dans notre hôpital . Je note encore que les cinémas regorgent de monde .

 En ville, nous blessés, dans notre costume de vieillards hospitalisés, nous faisons triste figure . Un mois que nous sommes ici et beaucoup ignorent encore que nous sommes blessés rapatriés ! On nous regarde avec curiosité . Nous avons quand même reçu la visite de quelques dames de la Croix Rouge .

 J'ai assisté à l'arrivée d'un groupe de Lorrains débarqués à Nîmes . Triste spectacle .Ils ont un moral excellent et à Valognes.  ils ont sur toutes fins voulu faire une quête pour certains camarades les plus nécessiteux parmi nous . Braves gens .

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