MON PERE AVAIT 26 ANS (26)

Publié le par lambersart-yvon cousin

 

SAMEDI 26 OCTOBRE A NIMES       Le débarquement commence. Il y a un général , des officiers . Des soldats sont là . En voitures sanitaires nous gagnons l'hôpital Valognes que nous quittons presqu'aussitôt pour l'Ecole Normale d'Instituteurs. On sent tout de suite une organisation improvisée .

 Etions nous vraiment attendus ? Enfin, je suis heureux d'être en France . Les copains aussi .

 DIMANCHE 27 OCTOBRE      Messe à la chapelle de la clinique voisine . Au point de vue nourriture, nous sommes satisfaits , mais que de desiderata nous avons à formuler ! Le médecin les prend en note . Après-midi cinéma et ce premier dimanche en France s'achève . Notons que des civils ont payé 3 litres de vin à notre petit groupe .

 LUNDI 28 OCTOBRE     Je peux écrire une carte , modèle « Mots croisés » à Marguerite . J'écris à Radio Toulouse, Montpellier, Genève pour diffusion de nos nouvelles . Un mot aussi à Mme Durand de Lyon concernant son mari connu en Allemagne . Après-midi, promenade en ville jusqu'aux arènes . Promenade très fatiguante . J'ai aussi écrit à Marcel Paye, prisonnier .

 MARDI 29 OCTOBRE      J'écris à maman . Au Colisée je vais applaudir Fernandel, Andrex... Nous sommes heureux . Bonne place : 9 Frs pour nous 3 . Un civil nous refile 100 sous . Nous faisons pitié , c'est à n'en pas douter .

MERCREDI 30 OCTOBRE    Journée calme . J'ai écrit à M . Delebarre et au Ministre du Travail , ainsi qu'à Michel Tersen, prisonnier .

 JEUDI 31 OCTOBRE Je fais un article pour « Paris-Soir » concernant notre rappatriement.*  Cet après-midi je mets mes notes à jour . Dans la soirée ,au foyer «  U F A «  , j'assiste à une « heure musicale » par un violoniste virtuose .

                       NOVEMBRE 1940 : DANS LA CAPITALE DU GARD

TOUSSAINT            Je passe la journée dans le souvenir de tous nos chers défunts . DU 1er au 15 NOVEMBRE      Vie monotone malgré le beau temps . J'ai déjà beaucoup écrit mais j'attends toujours les réponses. Cela me paraît long .

 La cicatrisation de ma plaie, enrayée tout d'abord, semble reprise . Je reprends courage .

*Mon père a été longtemps correspondant  local de presse

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HERNANDES JF 24/08/2010 09:04



IL FAIT BON VIVRE EN NOTRE PAYS... ENCORE UN PEU DE PATIENCE ET LE RETOUR EN FAMILLE DU MOINS C EST CE QUE JE SOUHAITE MAIS ATTENDONS LA SUITE DE CETTE DOULOUREUSE EPREUVE...