MON PERE AVAIT 26 ANS (25)

Publié le par lambersart-yvon cousin

VENDREDI 25 OCTOBRE            Un arrêt dans la nuit et c'est Bellegarde …

                                          LA FRANCE !

La Marseillaise éclate . Les sentinelles allemandes sont à 200m . Beaucoup de camarades descendent pour fouler le sol français . Instants inoubliables … Un général traverse le train et serre des mains .

 On parle peu . On est ému . C'est la France . La France libre .

 A Ambérieu nous recevons un casse-croûte au jambon, du café au lait .Je donne mon adresse pour qu'on prévienne ma femme . Un peu plus tard, voici Lyon. Nous sommes déçus . L'accueil est froid.

 Un civil se charge de prévenir le Crédit du Nord*, un autre qui rentre à Paris également prend l'adresse de mon oncle Daniel . Nous apprenons les difficultés qui marquent les relations entre les 2 zones .

 Nous quittons Lyon et à la petite gare de Sathonay, la France officielle nous reçoit . Le général Frère , gouverneur de Lyon , est là. Une compagnie du 65ième rend les honneurs. Une fanfare alpine joue la Marseillaise . Le ciel est maussade .Certains pleurent , d'autres refoulent leurs larmes . Je parle à la radio . Je suis ému .

Quelques heures d'attente ; il va y avoir ici le triage pour la répartition dans les différents centres sanitaires de la 15ième Région .Il fait froid et nous avons faim . Nous quittons le train et nous nous arrangeons pour ne pas être séparés . Le Nord et la région de Paris sont dirigés sur Nimes .

 DANS LE TRAIN VERS NIMES        On nous sert le dîner, assez frugal, pas mauvais mais l'organisation de ce train sanitaire nous paraît déficiente . Nous refaisons connaissance avec le pinard . Il nous a tant manqué .

 Avec 2 heures de retard -vers midi – le train est parti :Valence , Avignon , Tarascon et enfin Nimes.

 Voyage sans histoire . Aucune manifestation de sympathie ; nous sommes démoralisés un peu . Nous avons soupé. La fatigue se fait sentir .

 Cruelle déception ! Depuis une ½ heure nous sommes en gare et nous apprenons que nous ne débarquerons que samedi matin . Passer la nuit dans le train (pas de couchettes) est une perspective peu agréable . Il faut se résigner , tout en vitupérant sur les responsables . (Nous ne savons pas qui exactement ). Nous nous organisons pour passer la nuit dans les meilleures conditions possibles . La fatigue est si grande que le sommeil finit par s'emparer de nos êtres affaiblis .

 *Mon père travaillait au Crédit du Nord 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
H


Enfin la France... le sourire revieny !!!!



Répondre