MON PERE AVAIT 26 ANS (22)

Publié le par lambersart-yvon cousin

 

... LUNDI 21 OCTOBRE (suite) ...   Puis c'est le silence . L'autocar démarre .

 Il est 15 H 16 au cadran de la petite chapelle . Vingt minutes après, voici le quai d'embarquement . Le train sanitaire est là . De nombreux compartiments sont déjà occupés . Je retrouve le lieutenant Debonny du 84ième que j'avais connu à Fürth. On nous groupe par 12 et nous sommes donc séparés . Bourguignon est avec moi . Quand nous prenons possession de notre compartiment , tout de suite nous sommes rassurés au point de vue confort .Le sourire est de rigueur évidemment . Vers 17H un sympathique casse-croûte est servi...Un quart d'heure après le train s'ébranle pour s'arrêter bientôt . Le vrai départ a lieu vers 18 H et très vite la nuit arrive . Nous roulons mais malgré tout je réalise difficilement que c'est vers la France (les copains aussi) .

Un bonheur aussi grand , est-ce possible ? Chacun se le demande encore .

 DANS LE TRAIN     A 19 H , souper . 1 casse-croûte au boudin, 1 casse-croûte au beurre .Ça fait bien plaisir . Nous apprenons que le train qui nous emmène est parti de Vienne dimanche à 18 H . Il y a parmi les voyageurs embarqués au départ un médecin-commandant français, rapatrié avec 6 sanitaires alors qu'il ne s'y attendait pas .

 MARDI 22 OCTOBRE      J'ai très bien dormi. Ma couchette est très bonne, bien placée aussi. Elle est superposée à celle de Bourguignon et j'ai deux fenêtres pour regarder le paysage . Il paraît qu'il y a eu une alerte cette nuit et que nous avons roulé presque sans arrêt . Quand je m'éveille, à 7 H , le train est arrêté . Il y a un brouillard opaque.

On nous dit bientôt que nous sommes en avance , que nous attendons des blessés venant de Trèves et que nous allons attendre 1 ou même 2 jours avant de poursuivre notre voyage . La perspective n'est pas trop amusante mais nous pourrions connaître une situation tellement plus drôle que le moral reste bon . Le soleil se met de la partie et rend moins monotones ces longues heures d'attente .

 La nuit descend , nous sommes toujours à Markdorf-Baden .; à 60 kms de Constance, dit-on . La journée ne m'a pas paru trop longue . J'ai mis mes notes à jour pour occuper ma matinée . Cet après-midi j'ai dormi plus de deux heures. Nous avions faim et à 18 H, le casse-croûte au pâté vient bien à point pour corriger un peu la frugalité du repas de midi . Heureuse impression bientôt détruite quand nous apprenons que ce casse-croûte nous a été servi en guise de souper ! « Qui dort, dîne ! » .

 Un jour comme ça , un jour autrement , je ne suis pas malheureux .

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