MON PERE AVAIT 25 ANS (8)

Publié le par lambersart-yvon cousin

 

DU LUNDI 27 MAI AU SAMEDI 1er JUIN

 Dans ma chambre il y a plusieurs Algériens et Marocains qui sont l'objet de la plus vive curiosité de la part des blessés allemands groupés à part . Des médecins français nous font les pansements quand ils ont ce qu'il faut . Ma plaie suppure . Ma jambe prend une mauvaise position . Pour y remédier le médecin la fixe sur une attelle, regrettant de ne pas avoir de gouttière . Il a demandé plusieurs fois mon admission à l'hôpital , mais il faut attendre .Il me dit que la guérison sera très longue .

 A présent je mange un peu mais ce qu'on me donne ne me goûte guère . Le pain de troupe en particulier me donne mal au coeur . Toute la semaine j'ai la diarrhée . Les infirmiers allemands sont chics et dévoués .D'après le docteur c'est l'estomac qui ne s'accomode pas à l'alimentation . Quelle misère ! Je n'ai presque jamais faim .

 Le 31 mai,sur du papier libre, je fais une lettre à ma femme, mais je ne peux lui donner d'adresse . Où es-tu ma chérie ? Qu'es-tu devenue avec notre petit Yvon ? Je pense à vous tous ,êtres bien aimés. L'épreuve continue . Elle sera dure , soyons courageux et confiants...

L'anniversaire de mon mariage a été bien triste .

DIMANCHE 2 JUIN

Le médecin français passe avec un officier allemand et il m'annonce que je pars à l'hôpital à 4 heures . Cela me fait plaisir . La « sanitaire » m'emporte . Nous sommes 5 . Magnifique autostrade .

Me voici à Limburg . De suite on me donne une chemise propre et je me couche dans un lit confortable . Quel bien-être ! Je fais honneur au repas . Est-ce que mon appétit revient ? Je le pense .

 LUNDI 3 JUIN   Dans la nuit j'ai été si agité que j'ai enlevé l'attelle de ma jambe .La religieuse – car c'est un établissement catholique – le constate dès le matin et n'a pas l'air contente . Après-midi, pansement . Le médecin est doux. L'infirmier polonais ne l'est pas . On me met une gouttière . Mon pied se redresse mais ça fait mal ...

 MERCREDI 5 JUIN Je m'inquiète des conditions dans lesquelles on peut écrire .

VENDREDI 7 JUIN Je peux enfin écrire une lettre à ma femme, sur du papier officiel . Ça fait plaisir .

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G
<br /> <br /> Merci Cher Yvon pour le récit du drame humain et des souffrances physiques que ton père a du subir. Je les trouve particulièrement émouvants puisque mon père à lui-même subi ces mêmes<br /> moments dramatiques lors de la bataille de la dernière chance pour l'armée Française dite "la poche de Dunkerque" où il fut prisonnier laissant sa femme et trois jeunes<br /> enfants et cela pendant 4 1/2 ans. Merci encore, amitiés - Georges <br /> <br /> <br /> Merc<br /> <br /> <br /> <br />
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