MON PERE AVAIT 25 ANS (4)

Publié le par lambersart-yvon cousin

 

DIMANCHE 19 MAI       Il est environ 3H1/2. La sentinelle m'appelle. Le lieutenant Schwartz me demande . Ce nom m'est inconnu . Je saurai plus tard que c'est le successeur du commandant de la compagnie, du capitaine Quibel, apparu on ne sait trop comment . Cet officier me donne l'ordre de quitter le bloc : nous allons évacuer la ligne . Cela me semble si fantasque que , très méfiant, je fais reconnaître le lieutenant Schwartz par deux camarades .

Je donne les ordres préliminaires à l'évacuation et je me rends auprès du lieutenant Frison, chef de section. J'apprends qu'il nous faudrait pour le bien avoir passé la Sambre avant le lever du jour.

 Ayant rejoint mon bloc, nous descendons les armes collectives à l'échelon ainsi qu'un peu de nos munitions . Le tout est embarqué en camionnette ainsi que les documents du bloc.

Nous  nous mettons en route par petits groupes . Il nous faut gagner Assevent par Requignies et Boussois . La Sambre est passée, voici Boussois . Nous y trouvons le P C de la compagnie . Il faut attendre les ordres.

 Le « coucou » vient nous repérer . Un peu après ,les bombardiers sont là . Je me suis dirigé avec un groupe vers "les Verreries" où il y a d'immenses caves. Mais il nous faudra rejoindre les abords du P C . j'ai bien l'impression que nous serons faits prisonniers et j'ai brûlé les papiers que j'avais sur moi. On nous a distribué le tabac de la première quinzaine de mai .Les bombardements par l'aviation se répètent . Je ne connais qu'un blessé léger . C'est bien une chance car les caves de ces maisons en corons où nous sommes rassemblés, sont peu solides .

 Le 156ème est passé sur la grand 'route .

J'ignore l'heure qu'il est quand nous remontons des caves pour aller sur nos positions ! Ce sera pour moi le parc d'un château voisin ...ça sent la pagaïe . Chacun se met là où il croit devoir être .

On commence à creuser des trous . Il n'est pas question de la soupe . La nuit est sombre .

 On nous fait regagner les caves quittées quelques heures plus tôt . Mitrailleuse et F.M sont en batterie un peu partout dans les embrasures des fenêtres . Plusieurs hommes se relaient pour cette garde .

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Lobeau 13/12/2011 22:53


Si vous voulez connaître le contexte détaillé de la percée de Rommel le 16 mai 1940 et les conséquences sur le système défensif français, en particulier sur le 84 RIF, reportez-vous à mon livre "
Maudite soit la guerre! " (Guy Lobeau- lgedition).