MON PERE AVAIT 25 ANS (3)

Publié le par lambersart-yvon cousin

 

JEUDI 16 MAI Ma première semaine « en ligne » si l'on peut dire se termine. Bien peu d'évènements à noter. La dernière lettre reçue de Marguerite est du 10/5 . Le petit va mieux.

 Les bombardements ennemis ont commencé leur oeuvre de destruction . Où est donc notre aviation ? ..Cela n'est pas réconfortant . Je veux garder tout mon sang froid pour donner l'exemple . Nous travaillons à la mise en état de défense de notre bloc. Les Allemands ont, paraît-il, percé la frontière de-ci de-là . Ils avancent avec une rapidité déconcertante .

 Mais que se passe-t-il ? Les civils commencent à évacuer . Et toi, ma chérie, que fais-tu ? Ces heures sont terribles à vivre .

Et dire que demain peut-être nous allons nous battre . Le moral chez mes hommes est excellent mais nous ne parvenons pas à comprendre pourquoi nos camarades reviennent de Belgique en bandes incohérentes. Serait-ce donc la panique ? Je le crains . Je veux me montrer confiant mais dans mon for intérieur je pense que la situation est bien compromise .

VENDREDI 17 MAI Toujours le repli de nos troupes et les convois que nous avions vu passer redescendent de Belgique . Certains prétendent que c'est de la stratégie . On verra bien .En tout cas ça sent la poudre sèche . Personne ne conteste plus l'avancée éclair des troupes allemandes et il faut les attendre . Nous nous y préparons mais nous sommes bien fatigués : la nuit il faut veiller .

SAMEDI 18 MAI Toujours le même désolant spectacle . Les civils se décident à partir de plus en plus ...et les réfugiés venant de Belgique sont très nombreux . Ce sera fini désormais car nous avons installé notre barrage sur le bord de la route -au lever du jour.

Le « coucou » passe de temps en temps et les bombardiers sont fréquents . Des nuages de fumée s'élèvent un peu partout à l'horizon. Maubeuge a dû être ravagée . Et chez moi ? ...Je n'ose y penser . Il faut être prêt à se défendre à toute heure car « ils » avancent . Soyons courageux ! J'ai placé chacun dans ses fonctions respectives . Nous sommes presque prêts . Nous attendons toujours les troupes de renforcement annoncées...

Dans la soirée, visite du chef de bataillon qui me promet 8 jours d'arrêts si mon bloc n'est pas plus en ordre dans 2 heures. Je lui fais remarquer que mes hommes n'ont guère de repos.

Un peu plus tard le bruit court que certaines compagnies quittent les blocs. Je n'ose y croire car cela me paraît si peu compréhensible.

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