L'ETAT PINOCCHIO

Publié le par lambersart-yvon cousin

IMG00109-20100923-1256.jpg 

Je vous avais déjà présenté Robert Hanicotte,habitant de Lambersart et maître de conférences en Droit à l'Université de Lille2, à propos de son étude sur l'interdiction (ou non) de la burqa. Il vient d'écrire un essai politique *sur un des traits de la nature humaine ,le mensonge . 

 Chacun le sait, l'homme ment comme il respire .Heureusement R. Hanicotte nous épargne un procès en menterie puisqu'il ferme les yeux sur nos travers quotidiens , nos mensonges véniels,pour mieux dénoncer 3 mensonges capitaux : les mensonges d'Etat qui sont des instruments politiques dans les hautes sphères du pouvoir.Il s'attaque aux mensonges dont l'Etat possède le monopole :les mensonges diplomatiques,les mensonges de guerre ou de défense et les mensonges d'ordre et de sécurité.

Le titre du livre et la photo de couverture sont éloquents. « L'ETAT PINOCCHIO », c'est l'Etat menteur et nous en sommes les pigeons . On nous a pigeonnés au moment des accords de Munich; on nous a pigeonnés en Irak quand «  le grand sorcier eut recours à une impressionnante batterie mensongère pour fabriquer une image la plus noire possible du Dracula des sables ». On nous pigeonne au siège de l'O N U , « cette maison de verre où le verre est bien opaque  . Aujourd'hui encore, « dans les sables d'Orient », des populations sont trompées .En se dissimulant derrière la foi et en se servant de leur totem(drapeau) pour galvaniser les guerriers, « des obsédés du djihad n'ont de cesse de transformer le globe en croissant ».

 Un petit tour vers les secrets défense ; les manipulations cybernétiques , radiodiffusées ou télévisées achève de nous convaincre que nous sommes bien des pigeons suspendus au nez menteur de Pinocchio ! Notez bien que les Etats eux-mêmes se pigeonnent comme ce fut le cas avant le 6 juin 1944, pour «  le jour le plus long ».

R. Hanicotte nous invite aussi à une reflexion sur les mensonges sécuritaires . Il s'arrête au pied des murs . Certains murs empêchent ou empêchaient de sortir , écrit-il. Le « mur de la honte » qui voulait signifier aux emmurés du rideau de fer que la vie en-deçà serait meilleure qu'au delà est encore dans nos mémoires ; d'autres murs empêchent l'entrée comme l'entrée« au royaume des douze tribus » aux Palestiniens ou l'entrée dans « la corne d'abondance » aux Gringos.

 Robert Hanicotte se moque aussi de l'obsession sécuritaire et de ses trompe-l'oeil . Il cible les grilles qui ferment « les réserves d'Indiens » que sont devenues certaines résidences  et les caméras qu'il qualifie d' « yeux vitreux de sentinelles orwelliennes » . Il y a là illusion et  mensonge,écrit-il puisque «  ce nouveau look sécuritaire ne résorbe pas la délinquance, il ne fait que la déplacer » . Sur ce sujet,certaines pages sont succulentes. Celles par exemple où il décrit le fonctionnement d'une réserve sécurisée type et surtout le « psychodrame villageois » que constitue l'assemblée générale de ses  copropriétaires. Entre les lignes, par quelques allusions,j'ai reconnu certains lieux lillois et lambersartois :l'artère citadine où coulait jadis le Sang Bleu, la rue des Châteaux, les jardins des Hespérides ou les jardins d'Eden ne seraient-ils pas la rue royale, les jardins du Bourg , le résidence du Vert-Bois....et les Châteaux qui autrefois bordaient notre « rue de Lille » ? .

 Dans le domaine de la sécurité urbaine, R. Hanicotte dénonce aussi les « manitous , chefs de tribus gauloises  » (appellation courante : maires) .Pour éloigner les sans-le-sou,les paumés,les va-nu-pieds et tous les « sans alvéole-fixe »,ces manitous déguisent « sous de savantes formules juridiques la même réalité repoussante ».Celle des « anti », auxquels il suffit ensuite d'accoler l'épithète voulue : -mendicité,-bivouac,-prostitution etc.

 La conclusion de R. Hanicotte est claire .

 La question ne consiste plus à savoir si mentir est bien mais à savoir bien mentir , écrit-il  .

 Et il livre quelques recettes : celle du miroir grossissant quand une échauffourée par exemple est élevée au rang d'atteinte à la sûreté de l'Etat, celle du miroir rapetissant qui dégonfle les vérités dangereuses comme les mauvaises statistiques, autre exemple . Il y a aussi l'embrouille sur le web ou le miroir brisé qui consiste à faire croire « qu'il n'y a pas eu, qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura jamais.... ». Enfin, exquise cerise sur le gâteau mensonger des Princes :le parler vrai !

A bon entendeur.....

Le livre est très intéressant . Il est aussi  source de grand plaisir pour ceux qui aiment les métaphores et l'humour. Je vous en donnerai quelques exemples bientôt.

*en vente dans les librairies de Lambersart et à la FNAC 16€ .

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

LESCALLIEZ Paul 24/09/2010 16:52



J'aime bien cette citation : 


" l'honnête homme ment dix fois par jour, l'honnête femme  vingt fois par jour, l'homme du monde  cent fois par jour. On n'a pas pu compter combien de fois par jour ment une
femme du monde !! " 


Paul



belaval 24/09/2010 14:39



Merci de faire connaître cet ouvrage qui, semble-t-il, n'épargne personne, en tous cas pas ceux qui ont un certain pouvoir. J'espère que ce livre se trouvera facilement dans les cinq
bibliothèques de Lambersart, je m'y emploierai dans la mesure de mes moyens! Merci encore AFB



HERNANDES JF 23/09/2010 15:49



Cela semble un excellent ouvrage "table de nuit" pour s'enrichier mieux comprendre le mensonge politicien... Merci Yvon de nous en faire partager quelques extraits à l'occasion...