EXPEDITION DAY IN SOUTHBOROUGH

Publié le par lambersart-yvon cousin

Dans quelques semaines, Lambersart va célébrer le vingtième anniversaire de son jumelage avec Southborough. Notre ami anglais Colin Bothwell, conseiller municipal et ancien maire a souhaité rassembler quelques documents de cette époque , surtout sur l'origine de nos relations. Aucune photo n'a été prise du premier contact informel. Seuls quelques souvenirs renaissent. Voici le texte que je lui ai envoyé.

 

Dès 1989 M.P. Daubresse avait donné son accord pour un jumelage avec une ville anglaise. Oui, mais laquelle ? La commission que je présidais en tant qu' «  adjoint aux affaires européennes » (quel nom pompeux !) souhaitait une ville du Kent pour que nous puissions faire l'aller-retour dans une journée. J'avais fait part de notre souhait à un organisme spécialisé dans les relations entre villes françaises et anglaises. Mais deux ans après ma demande, nous étions encore au point mort .Avec deux conseillers municipaux, Alain Castrique alors directeur de l'école Pasteur qui s'exprime correctement en anglais et l'entreprenant Jacques Mahieu aujourd'hui décédé , nous avons décidé de prendre notre bâton de de pèlerin et d'aller prospecter nous mêmes, sur une journée, sans stratégie bien arrêtée.

Je venais d'acquérir une magnifique R25 à injection, blanche ,intérieur cuir noir...et j'étais fier d'emmener mes deucx collègues.

Traversée sans problème par bateau car le tunnel n'existait pas encore...et à nous les petites (communes) anglaises ! Quelques arrêts dans la campagne dans des villages charmants mais vraiment trop petits pour envisager une liaison avec nous. C'eut été presque du détournement de mineurs ! On a ainsi renoncé à Tenterdeen, Cranbrook et même à Lamberhurst qui, en plus de sa presque homonymie avec Lambersart, a le bonheur de cultiver des vignes et de produire un vin blanc que les palais anglais apprécient . Mais 1500 habitants c'était trop peu …
Châteaux, manoirs, cottages agrémentaient notre tourisme rural et nous guidèrent presque naturellement vers Royal Tunbridge Wells. Une ville magnifique chargée d'Histoire puisque la reine Victoria y allait « prendre les eaux ».

Direction l'Hôtel de Ville (voir anecdote dans texte du blog du 31/7/2008) où, au culot, nous demandons à être reçus par le Mayor. Evidemment et très professionnellement l'huissier nous a orientés vers un town-officer.
Quelle chance ! Bill Godwin parle français, aime la France et comprend vite. Il nous explique que Tunbridge Wells s'est jumelée assez récemment avec Wiesbaden en Allemagne, une autre ville d'eau. La déception nous gagne mais très vite, dans le bureau même de Bill, nous comprenons qu'à défaut d'un jumelage avec la royale cité nous pourrions nous rapprocher d'une de ses composantes la « paroisse civile » de Southborough qui est un peu à Tunbridge ce que Lambersart est à Lille.

Et Bill se propose de nous emmener à Southborough après nous être sustentés dans un pub voisin . Le courant passe bien entre nous. L'après midi après un rapide tour de la petite ville où nous repérons des quartiers semblables à ceux de Lambersart, nous sommes reçus dans la mini-mairie puis chez Laurence Baker, le maire.

Pas de doute : Laurence est un « conservative » . Costume sombre, cravate club,pochette blanche...une épouse très prévenante , le tout dans un intérieur coquet, surmoquetté , tapissé et orné de tableaux, de photos et de bibelots.

Un accueil très Old England avec thé , quelques douceurs salées et sucrées mais surtout une écoute positive de ces 3 mousquetaires lambersartois. Et quelle délicatesse pour nous dire qu'il présenterait avec faveur notre proposition au conseil et qu'il nous rendrait visite à Lambersart.

En sortant de chez Laurence Becker, Jacques,Alain et moi étions convaincus que notre expédition serait couronnée de succès. Avant de reprendre la route de Douvres nous avons voulu nous imprégner de Southborough et lentement, en voiture,parcourir les rues de « notre promise », parcourir les High Brooms, longer le terrain de cricket....

C'est là que la R25, toute neuve, s'est arrêtée. Plus rien. Même pas le début d'une tousserie du démarreur . Même plus de petite veilleuse …

« Break down » a diagnostiqué Alain . Le dépit pour moi. Il a fallu se faire remorquer, trouvé un hôtel au Mount Ephraïm , téléphoné à nos épouses pour les convaincre qu'il s'agissait véritablement d'une panne et non d'une escapade préméditée . En outre, personnellement j'ai grelotté toute la nuit,incapable que j'étais d'allumer cette espèce de chauffage au gaz qui me narguait au milieu de la chambre . Quant à la toilette du lendemain...on s'est contenté d'un rasoir pour 3 !

La panne était minime : une simple déconnexion qu'un appareil électronique a détecté rapidement.
Il nous restait à rentrer la tête haute à Lambersart sauf que sur le bateau, notre ami Jacques Mahieu qui avait entraîné Alain Castrique dans l'espace réservé aux chauffeurs routiers en pretextant que j'arrivais avec la carte autorisant ce privilège s'est fait « jeter dehors » son imposture dévoilée.

C'était il y a 22 ans...C'était le premier jour du jumelage Lambersart-Southborough.

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