ASPIRANT GENEVIÈVE MARCHANT (7)

Publié le par lambersart-yvon cousin

ASPIRANT GENEVIÈVE MARCHANT (7)

J'ai eu la malchance de devenir officier. J'insiste sur ce mot car cela signifiait mon départ de la Police Militaire .Je fus mutée à la Chancellerie du 1er bureau des forces terrestres en Grande Bretagne .Je décidai d'aller voir directement le major, ce qui est contraire au code de conduite militaire. Dès que j'ouvris la bouche le major me dit « -Ma fille, dans l'armée vous avez un droit et un seul : la fermer ! Rompez ! »

Les mois passèrent. Le travail comptait de plus en plus de rapports top secret. J'ai eu à dactylographier une lettre du Général de Gaulle qui se plaignait amèrement aux autorités britanniques du manque d'armes à envoyer aux maquis où les hommes se faisaient massacrer en n'ayant rien pour se défendre.

Le D Day arriva avec ses tragédies mêlées d'espoirs. Le bureau nous informa qu'il fallait 2 officiers pour la 3e région militaire en Normandie. . Je fus sélectionnée avec le lieutenant Jeanne Paul. Nous traversâmes sur un bateau de transport de troupes américain dont le capitaine norvégien nous prêta avec galanterie sa cabine et plaça un garde armé à la porte pour potéger notre vertu. Sur le pont, les Blancs étaient d'un côté, les Noirs de l'autre.
La traversée dura trois jours.Le capitaine nous fit visiter la salle des machines mais une alerte nous plongea dans le noir. Le capitaine me dit « N'ayez pas peur ,je vais vous reconduire à votre cabine. Il me prit galamment la main et m'entraîna par les escaliers et les couloirs mais quand la lumière revint, j'étais dans sa cabine...

Enfin ,j'ai retrouvé le pays chéri.

Le long d'une route des tout-petits qui ignoraient ce qu'ils faisaient nous saluaient du salut hitlérien. Ce fut ma première impression de ...la Normandie.  Nous avons traversé des villes et des villages complètement détruits.

Nous sommes restés à Bayeux en attendant la libération de Rouen.Pendant notre temps libre nous nous promenions et nous avons découvert avec amusement une boutique avec des montagnes de beurre.C'était comme un rêve pour nos yeux privés  de cela depuis le début de la guerre. Timidement nous avons demandé pour en acheter un peu. Le commerçant nous dit qu'en tant qu'officier nous pouvions en avoir autant que nous voulions. La conversation tourna bien sûr sur les Allemands « Oh oui,ces officiers étaient de vrais gentlemen « , nous dit le boutiquier.Toujours polis, courtois. Et, vous savez, en nous quittant ils nous ont dit qu'ils reviendraient.

Le cidre du temps de guerre était plus dangereux que les Allemands .Il nous rendait tellement malades que nous appelions cette maladie « la Bayeusistique ».

Dès que Rouen fut libérée nous quittâmes Bayeux. On nous installa au couvent d'Ernemont où nous recrutions des femmes pour la 3e région militaire. Des Allemandes y avaient séjourné et dans leur fuite avaient laissé des casques ,des agendas et des lettres. L'une d'elles en particulier nous a bien plu. C'était celle d'une lesbienne que nous lut après le déjeuner une jeune lieutenant qui parlait couramment allemand. Il y avait aussi de superbes photos d'aviateurs...

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