ASPIRANT GENEVIÈVE MARCHANT (3)

Publié le par lambersart-yvon cousin

g-marchant-au-refectoire.jpg     La peur affectait les gens de manière différente.Mon mari , alors auxiliaire dans le service incendie rentrait avec des anecdotes . Dans les bâtiments en ruines il était fréquent de découvrir une salle de bains encore debout ou simplement le W.C. avec quelqu'un accroché au trône où la panique l'avait conduit.

Le jour était plus supportable car on imaginait que la bombe que l'on entendait ne nous était pas destinée.

Un jour,en ouvrant le journal je découvris avec surprise une photo à laquelle je ne m'attendais certainement pas .C'était celle de la première volontaire de la France libre. Folle de joie,je me rendis immédiatement au centre de recrutement. Il n'a pas fallu longtemps pour être engagée et un repas me fut offert à la cantine.Beaucoup de gens en uniforme étaient là et certains ressemblaient à d'Artagnan avec leur grande cape bleue et leur béret. Très galants aussi. L'un d'eux alla même jusqu'à me demander «  - Avez-vous déjà trompé votre mari ? -Non - Alors voudriez vous le faire cet aprè-midi avec moi ? Début agréable...

En janvier 1941 on m'affecta à une caserne.Nous étions 5 – 2 jeunes Bretonnes, une Belge et Gruner qui allait devenir une grande amie. Un de nos premiers officiers fut Simone Matthieu, championne de tennis à Wimbledon qui était plutôt inquiète devant ces jeunes filles qui ne savaient pas un mot d'anglais. Comme je parlais anglais elle me demanda d'avoir un soin maternel sur elles.

Notre entrainement commença assez mal. Une infirmière, pas du tout une créature de rêve, nous scruta la chevelure avec soin à la recherche de poux. Comme elle ne trouva rien, elle ordonna un autre shampoing à l'une d'entre nous. L'honneur britannique était sauf.

Un autre incident marqua notre séjour. Dix shillings ayant disparu, chacune fut consignée au régiment.

Chaque matin c'était la ruée vers les balais et le matériel de nettoyage. Il n'y en avait pas assez pour toutes les filles. Première arrivée, première servie. Notre chambre devait être nettoyée chaque jour mais incapable d'avoir une serpillière, j'ai eu l'idée de d'arroser le sol avec un seau d'eau. Il était mouillé même s'il n'était pas lavé et nous l'essuyions comme nous pouvions avec des chaussettes.

Les uniformes que nous avions eus nous faisaient ressembler à des épouvantails et offensait notre élégance gauloise.Il ne nous a pas fallu longtemps pour trouver un gentil tailleur acceptant de corriger les défauts.Il était absolument interdit de retoucher l'uniforme royal mais nous étions prêtes à tout plutôt que porter des vêtements aussi mal faits.

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Eric DARQUES 04/11/2012 22:37


Je découvre...cette vie extra-ordinaire racontée de manière simple, presque de manière humble...et pourtant avoir été dans les premières à entendre l'appel du Général de Gaulle, ça vous pose un
homme, pardon une femme.


Elle aurait pu attendre avec patience la fin de la guerre, mais l'appel de la patrie fut le plus fort. Héroîsme simple des gens ordinaires.


Mais en résumé: Quelle vie!!!