DU COEUR

Publié le par yvoncousin.com

Me voilà revenu d'un voyage périlleux: un quadruple pontage coronarien.J'en retire non seulement une admiration immense pour mon chirurgien, mon anesthésiste et leur équipe mais aussi une émotion intense pour l’amour que mes proches m’ont témoigné et la sympathie que j'ai ressentie auprès de mes amis. Il y a des visites,des mots,des messages,des appels téléphoniques,des générosités et des marques de cordialité qui ne s'oublient pas.

 

Certains d'entre vous le savent : les stents qui m'avaient déjà valu quelques jours d'hospitalisation à la Toussaint 2006,n'ont pas eu l'effet escompté. Lors d'une épreuve d'effort de contrôle, fin janvier,le cardiologue m'a proposé 2 solutions :un pontage ou le statu quo c'est à dire un risque réél d'infarctus invalidant voire mortel .Il me fallait donc me retirer de toute activité pendant un mois...
Pourquoi vous raconter cela ? Ma vie privée ne mérite certainement pas une diffusion sur internet. Mais j'ai été content avant mon opération,de recueillir les avis des uns et des autres,en particulier de "ceux qui sont passés par là".A mon tour de témoigner et éventuellement d'aider .Un mois après l'intervention,je suis debout et j'ai repris une partie de mes activités.

 

Quelques souvenirs qui émergent :

 

***2ou  4 ?  Vous connaissez l'adage : "on rentre dans le bureau du chef avec nos idées, on en sort avec les idées du chef" J'ai vécu ça avec le chirurgien cardiaque. Le cardiologue m'avait dit "double pontage". Je suis sorti du cabinet du chirurgien avec la mention  "PCx4"  

 

***PREPARATION.  J'ai eu 3 semaines pour me préparer. Est-ce un bien ?  un mal ? Je n'avais jamais été opéré. J'avais donc peur ...et je ne m'étais jamais mis vraiment face à moi-même, à la vie et à l'au-delà.  J'ai trouvé mes réponses. Je crois qu'elles ne se partagent pas.

 

***Le RASAGE.  (Attention ! la lecture de ce paragraphe est interdite aux dames.)    La veille de l'intervention, à peine entré dans la chambre, le ballet des infirmières commence : pouls,tension,électrocardiogramme...et le rasage au rasoir électrique par deux infirmières "expérimentées".Tout y passe,du cou au duvet sur le petit doigt de pied . Recto et verso.!  Avec dextérité pour elles,avec gêne pour moi. J'ai compris alors que yvoncousin.com devenait yvoncousin.net ! et même très net. D'autant plus net que ce rasage était suivi d'une douche à la Bétadine . Où était donc mon doux savon Dove ?

 

*** LE BLOC     Dès 7H30 on m'invite à reprendre une douche à la Bétadine,à enfiler une chemise qui me sembla bien courte et une aide-soignante vient dresser l'inventaire de tous mes effets et objets personnels. Elle place le tout dans un bac en plastique...un peu comme si elle préparait déjà ce qui serait remis à ma veuve au cas où...

 

                        Et c'est l'attente seul,seul , jusqu'à l'arrivée du brancardier .-"Bonjour Monsieur, je vous emmène". Formule originale,convenons-en. Chocs du lit contre le chambranle de la porte,sautillements aux dénivelés de l' ascenseur,défilé des néons des couloirs et arrivée au bloc.  Pas d'hôtesse d'accueil,personne dans la salle,d'immenses lampes en sous-tension et puis plus rien.Je ne me souviens pas comment on m'a offert un sommeil de plusieurs heures.

 

***4H1/2 PLUS TARD.   Le chirurgien me libère et m'envoie en "réa" où je me réveille vers 16H30. Il y a 20 ou 30 ans, je  n'aurais certainement pas connu  la réa et ce réveil dans une salle où il se passe toujours quelque chose: l'opéré qui tente d'arracher le tube qui le gêne dans la gorge,l'autre qui veut passer au dessus des barres du  lit, et moi qui souffre et réclame de la morphine.  -"Mademoiselle, où est la pompe à morphine ?  C'est dans la charte du malade !                                                                                                                                                                                                                                                          -Je vais voir avec ma collègue,Monsieur...."    J'attends encore. Il est vrai que la morphine a des effets

 

 indésirables : hallucinations,constipation...

 

 On entre vite dans la vie de la «  réa. ». Dans la vie  des hommes et des femmes en vert ou en blanc présents jour et nuit : j’entends encore  les infirmières qui ont passé la nuit à parler de leur congé, je revois"Yaya", l'aide- soignant courageux qui avant  de se mettre au travail marche et tourne pendant cinq minutes dans la salle,comme s'il se mettait en jambes...

 

 Oh, l'horrible souvenir ! l'enlèvement des deux drains. C'était la surprise du chef !

 

***SOINS INTENSIFS.            J'en ai un bon souvenir. Non seulement parce que je souffrais moins mais il m'a semblé ( c’est une opinion  non fondée certainement) que le  personnel y était plus à l'écoute. Un petit coup de sonnette et hop, dans la minute ,2 infirmiers me prennent en charge. Mais, quel défilé dans ma chambre :pour l'électro, pour la radio,pour la tension,pour la prise de sang,pour la petite piqûre dans le ventre,pour le kiné.... J'étais épuisé.  J'aurais  voulu dormir sans ce mal incessant dans les épaules. Malgré tout ,au troisième jour ,je remarche .

 

 Quand, 9 jours après l'opération, le médecin m'annonce ma sortie pour le centre de réadaptation,un

 

  vendredi après-midi ,j'ai cru naïvement que pendant le week-end on me laisserait récupérer.......

 

***REPOS ?         Repos ?  J'y ai cru. Le programme écrit qu’on m'avait remis prévoyait quelques       activités à partir de 9H1/2. Mais dès le samedi matin,à  5H30, n'y tenant plus, tellement j'avais mal dans les épaules, j'arrive à m'asseoir sur le bord du lit au moment où l'infirmier de nuit faisait sa dernière ronde.Je lui explique que les 2 Doliprane qu'on m'a donnés la veille sont inefficaces. Généreusement il me vient en  aide. J'essaie de dormir mais une heure plus tard,bruits de chariot dans le couloir, voix des aide-soignantes...A 7H,l'une d'elles vient me laver le dos. Me voilà debout. Dix minutes plus tard elle revient pour prendre les mesure des bas de  contention que je devrai porter quelque temps. A 7H40, l'infirmier du laboratoire arrive à son tour pour une prise de sang. A 8H, on m'apporte le petit-déjeuner et PENDANT le petit-dej ,une  dame vient pour  nettoyer les W.C ; une autre  pour prendre ma tension et me faire la petite piqûre dans le ventre. C'est à peine  terminé qu'une troisième apporte "vos médicaments pour la journée, Monsieur !" . Pitié ! je n’en peux plus !

 

Le temps de faire ma toilette et de m'habiller à la vitesse de l'escargot et me voilà prêt pour les activités de la matinée: exercices respiratoires, consultation du cardiologue ,consultation du psychiatre (eh oui ! je suis content,il m'a  semblé normal ),pansement et consultation de la diététicienne. Epuisé qu'il était le bonhomme !

 

                              Heureusement, dès le lundi on a mis les choses au point. J'ai refusé qu'on vienne me caresser le dos à 7heures. L'hygiène y a beaucoup perdu. Tant pis. Et j'ai trouvé mes marques. Chaque jour un petit progrès. .

 

AUJOURD'HUI         Aujourd'hui je peux reprendre une vie normale bien que j'aie encore des séances de réadaptation à faire. Cette vie, Je la dois au progrès de la science, à ceux qui la servent et à la générosité de" coeur"  de tous ceux qui m'ont aidé et aimé  . C’est peu de dire  MERCI

 

                             

 

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catherine 03/04/2007 03:49

bonjour
je suis ravie que vous soyez de nouveau sur pied.

LESCALLIEZ 02/04/2007 18:58

On sent bien en vous la volonté de surmonter cette épreuve. La remise sur pied rapide implique la confiance et le moral, nonobstant le suivi du traitement contraignant. Nous savons que vous y arriverez très vite, c'est en tout cas ce que nous souhaitons très fort !
Prenez quand même tout le temps nécessaire pour une parfaite guérison et revenez nous voir dans nos quartiers, nous avons encore beaucoup de choses à faire pour Lambersart.....
Bien cordialement M et Mme LESCALLIEZ

jJF HERNANDES 01/04/2007 20:15

Combien je me réjouis de te savoir de retour et en assez bonne "forme" malgré tout. Merci de nos faire partager ces moments et crois bien que j'aipu apprécier tes commentaires, le parcours pour une meilleure santé et je reste persuadé que toute cette information sera utile a plus d'un de tes lecteurs.
Encore une fois HEREUX DE TE SAVOIR DE RETOUR, mais un petit conseil amical au passage: vas y doucement tout de même, la santé c'est que l'on a de plus cher en fait.
Amicalement
JF