JE CONGE

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Marie-Agnès m'a troublé. La semaine dernière elle m'informe : "Vendredi je ne serai pas là, je conge !".
 ???
Voilà qui est nouveau et qui m'intrigue. D'abord parce qu'en la revoyant ,je ne pourrai pas lui lancer un banal  "Bon week-end ?" . Il faudra que je m'habitue à dire "Avez-vous bien congé ? ou congeâtes-vous bien ?".
 Il faudra surtout que je me prépare à cette évolution  dans l'expression : Le maraîcher me dira bientôt qu'il courge. A moi de traduire qu'il plante ses courgettes. Si j' interroge ma femme sur le choix d'une cravate,elle me répondra peut-être  "pas le temps de m'occuper de ça maintenant, je casserole" . Si je marche sur le pied de quelqu'un ,vais-je devoir dire "je confuse !" ? Et dans le genre osé certains conjugueront le verbe "coïter" comme d'autres avoueront qu"'ils jointent" .
 Pour en revenir au verbe "conger" les grammairiens ont de quoi réfléchir et "conférencer" :
faut-il le considérer comme verbe intransitif et reconnaître comme correcte la phrase :"il  s'est trop fatigué, qu'il conge " (ne pas confondre avec "quel con") ou le classer dans les verbes pronominaux et dire "je me conge ; tu te conges...que je me congeasse" ?
 Quand reviendrons-nous aux belles formules d'autrefois , avec emploi sublime de l'imparfait du subjonctif,comme dans cette phrase authentique de Mme d' Aubernon de Nerville : "eh bien moi,quand j'étais toute petite fille,un vieux général m'a aimée deux ans sans que je le susse !"    Pour ceux qui ne seraient pas familiers des subtilités linguistiques, il s'agit du verbe  "savoir", bien sûr. Qu'allez-vous donc imaginer ?

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Michèle 17/09/2009 09:59

Bravo ! C'est écrit avec avec brio et sans faute d'orthographe, ce qui, de nos jours, devient de plus en plus rare Même au Ministère de l'Education, on commet des fautes. Pauvre France !