LES SEPT COQUILLARDS (3)

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La sortie de l'office valait le spectacle. Des marchands de toutes sortes vendaient des médailles dont certaines étaient pré-bénies; des statuettes ; des croix et des chapelets en véritable bois de chêne de Lambersart. ( l' arbre à visage humain qui convenait parfaitement pour guérir des écrouelles. ! )  Il y avait même un camelot qui vendait un linge "spécial écrouelles" et un autre qui proposait un cubitus de Saint-Calixte enfant, en garantissant presque le miracle !
Avec tout ça le journaliste du grand parchemin régional était aux anges ; il tenait le titre d'un deuxième article : . "La Fin des Ecrouelles !".
Sigisbert et ses potes eurent bien du mal pour arriver au "Calice d'Or" , à la croisée des chemins de terre de Verlinghem et du Bourg . Au moment d'entrer  dans la taverne le frère Odilon s'arrêta brusquement. "-Pardonnez-moi Messires mais je ne peux pénétrer en ce lieu.Je croyais que le "Calice d'Or" ,récipient sacré comme vous le savez,était aussi le nom d'un local paroissial. Ma règle monastique m'interdit d'entrer dans les tavernes."
Enguerrand, un des potes à Sigisbert,prit la parole :"-Voyons mon frère, ce n'est pas raisonnable. Il est l'heure du grand déjeuner. Qu'allez-vous donc manger ?
-Oh je me contente de peu
répondit le moine , une miche... (il se mit à rougir) ; un morceau de <fourré aux moines> et une chope de bière de l'abbaye que nous fabriquons nous-mêmes, me suffiront bien . Pardonnez-moi, je ne peux faillir !" Et il s'éloigna très vite.
Un moment interloqué Sigisbert reprit ses esprits et dit à ses amis : "-Nunc est bibendum !" Ils comprirent tous  très vite :"Maintenant il faut boire !". Ils entrèrent enfin.
L'auberge grouillait de pélerins assoiffés et affamés. Le Tyrolien Trou-la-la-itou avait déjà consommé 3 cervoises. Heureusement que Sigisbert avait réservé une table ! surtout un 14 octobre jour de pélerinage . Il avait même fallu mettre des écuelles dehors ; car l'établissement était réputé et bien tenu par ceux qu'on appelait dans le village les "C 2" ...parce qu'ils formaient un bel attelage : Clovis et Cunégonde

Ces deux là s'étaient connus à Viersen, au moulin des fous, à l'occasion d'une fest de Karnaval .Viersen c'est ce bourg de Germanie, à 3 jours de cheval d''Aix la Chapelle, où la famille de Cunégonde avait ses racines ,juste  à côté du château du grand Charles, Carolus Magnus, qu'on appelle Charlemagne  ici en Gaule.
Un meuble !, une pièce !,cette Cunégonde.
 Tout le monde connaissait ses mensurations - poitrine120;taille100;hanches12O pour 1,8Om !!  Mais attention personne n'aurait osé manquer de respect à Cunégonde sous peine d'être privé de gasteries. A commencer par Clovis , un avorton qui filait droit sauf quand il avait bu.
Clovis et Cunégonde avaient racheté le fonds de commerce qui s'appelait autrefois "L'auberge de l'Ecu" et leur "petite entreprise" comme ils l'appelaient, tournait bien.On y faisait ripailles, on chantait, on riait tout son saoul.
 Quand chacun fut installé après avoir fait la traditionnelle "baisse à Cunégonde", Sigisbert tonitrua  un" Clovis, une bombarde pour mes amis et vite !"           ( à suivre)

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