Mardi 15 janvier 2008
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Le prochain retrait de Pierre Mauroy fait beaucoup écrire sur lui.Les livres et les articles de presse se multiplient, souvent élogieux et parfois
"impertinents".
Fera-t--il partie des "grands" ? Je crois mais je ne peux me permettre de juger. Je ne le connais pas assez.
Personnellement,quand j'avais une vingtaine d'années, j'en ai connu deux, "des grands".
Les grands sont ceux qui savent s'incliner devant les petits.
J'étais alors maître d'internat au Foyer des Pupilles de la rue d'Esquermes à Lille,qu'on appelait l'Assistance Publique.Avec quelques éducateurs nous avions créé une troupe théâtrale qui
permettait de valoriser les jeunes que nous encadrions. C'était un procédé éducatif simple et efficace que ,depuis, certains ont porté au pinacle. Nous avions un répertoire varié allant des
"Gaietés de l'Escadron" de Courteline aux "Fusils de la mère Carrar" de Brecht ou encore à "Barabbas" de M. de Ghelderode.Eh oui, j'ai joué Ponce Pilate !
Outre mon rôle "d'acteur" j'étais chargé de "trouver des contrats". C'est ainsi qu'un jour je me suis trouvé assis dans le vaste bureau du maire de Lomme,enfoui dans un fauteuil blanc,levant la
tête vers l'imposante carrure d'Arthur Notebart. -"Alors min garchon qu'est-ce-qu'on va faire ? V'là ce que je te propose..." Et immédiatement les portes et les salles de la ville se sont
ouvertes. Des bus ont été affrêtés et les personnes âgées ont été invitées gratuitement au spectacle des jeunes pupilles .Arthur faisait déjà de "l'intergénérationnel" comme on dit maintenant. Un
"grand", Arthur.
Un autre "grand", c'était Norbert Ségard. Un soir de Noël,alors qu'il était ministre,il est venu tout discrètement,avec son épouse, sans chauffeur,sans garde du corps,sans journaliste dans
ce foyer d'orphelins et d'enfants malheureux.Il y a passé plusieurs heures très simplement. Personne n'en a rien su. Un "grand" aussi, Norbert Ségard.
Les grands sont ceux qui savent s'incliner devant les petits.
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