PRÉLUDE A LA VIE PUBLIQUE -17

Publié le par lambersart-yvon cousin

Ce qui devait arriver, arriva. Pourtant, je n'ai jamais voulu «faire une carrière politique ».

Les circonstances m'ont propulsé tout autant que je me suis laissé propulser jusqu'à terminer premier adjoint au maire de Lambersart, ,avant d'être «déchu» ...dans l'honneur!

Je ne regrette pas ces 35 années foisonnantes dans lesquelles je pense avoir laissé ma trace.

Avec les Artistes Lambersartois tout d'abord , j'ai pu organiser le «Lamberst's Art» qui aujourd'hui encore a un beau succès . Il rassemble chaque année, en plus du Salon d'Automne, dans le cadre presque rustique de la ferme du Mont Garin, des artistes qui exposent et souvent travaillent devant le public  .J'ai pu aussi obtenir de la mairie le prêt d'une salle pour des ateliers hebdomadaires d'échanges entre peintres .

ma copie de Sisley :bord de Seine à Bougival

Faute de temps j'ai abandonné les pinceaux mais je les reprendrai bientôt puisque, pour mon anniversaire, je me suis vu offrir deux séances de remise à niveau et le remplacement de mes tubes racornis. Cézanne, Boudin, Monet, Van Gogh, poussez-vous , j'arrive!  Je cite Eugène Boudin, peintre pré-impressionniste dont les ciels bien sûr mais surtout les bords de mer normands ou bretons me touchent . Après les Monts de Flandre et le littoral de la mer du Nord, la Normandie et la Bretagne sont les deux régions où je me sens le mieux. Souvenirs heureux de mon enfance? Peut-être.  J'ai d'ailleurs été très ému le jour où mes collègues du collège Verlaine m'ont offert une belle reproduction de la plage de Trouville d'Eugène Boudin, quand je les ai quittés pour devenir inspecteur .

Avec le Syndicat d'Initiative ensuite que j'ai présidé plus de vingt ans, ce qui m'a valu le grade de chevalier dans l'Ordre National du Mérite, j'ai des centaines de souvenirs:  les Conférences Connaissance du monde qui remplissaient simultanément la salle Malraux et notre caisse de recettes avant de devenir malingres par la faute des reportages télévisés de grande qualité et de la peur des personnes âgées de sortir le soir. Avec mes amis, j'ai pu organiser la braderie pour les jeunes et plusieurs années de suite, une distribution de plantes pour qu'ils fleurissent de manière visible leur façade ou leur balcon . Nous nous sommes aussi lancés dans l'édition de cartes postales et d'un livre sur l'histoire de Lambersart inspiré des écrits de Pierre Nuytten qui fut maire pendant la seconde guerre mondiale. Sur le modèle des César nous avons honoré du titre de Lambersartois de l'année , des hommes, des femmes ou des groupes qui valorisaient l'image de notre ville . La municipalité a repris l'idée et récompense maintenant les plus méritants au cours d'une soirée des associations. Nous avons aussi animé la ville par des concerts , petits et grands. Parfois c'était un bide mais nous avons aussi pu remplir l'église St Calixte à plusieurs reprises en offrant Bach le dimanche après midi, par exemple. De même, débordant peut-être les missions des syndicats d'initiative, nous avons organisé deux ou trois « salons du tourisme » et un salon des antiquaires qu'il a fallu abandonner car Tourissima et la ville de Marcq en Baroeul nous ont supplantés. Ils avaient d'autres moyens . Belle leçon , quand même! J'aurais dû relire préalablement la fable La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf    

Certaines excursions aussi furent des moments mémorables . Les participants étant pour la plupart des personnes âgées, il est arrivé qu' on dût se séparer, sans la laisser seule bien sûr, d'une dame qui s'était cassé le pied en descendant du bus à un arrêt-pipi en Belgique . Il est arrivé aussi que deux autres «oublient l'heure» à Chartwell, dans la campagne anglaise voisine de la demeure de Sir Winston Churchill , obligeant le chauffeur à prendre des risques sur la route pour ne pas rater le bateau du retour.

Mais quels beaux souvenirs que ces soirées dansantes à thèmes .! Il fut un temps en effet où de nombreux Lambersartois, en tenue de soirée, aimaient danser, surtout sur les valses viennoises . Je me souviens avec émotion de cette soirée du bicentenaire de la Révolution quand la salle des fêtes a été envahie de sans-culottes , de ci-devant , de quelques gueux perdus au milieu d'élus qui avaient loué robes à crinoline pour les dames, pourpoints et hauts-de-chausses pour les messieurs.   Mais, comment oublierais-je cette soirée bavaroise où la choucroute était tiède et qu'il a fallu ,en plus, faire la vaisselle à l'eau froide!  Aujourd'hui les soirées dansantes sont plus rares ou ont un autre style . Seuls «les folkeux» perpétuent les danses collectives d'antan.

Bref, nous étions imaginatifs et très actifs !

Le Syndicat d'.Initiative avait pris une telle place dans la vie locale que la municipalité lui a attribué un charmant local : l'ancien pigeonnier du château Bonte, appelé maintenant centre de Gaulle. J'étais fier de présider le S.I, comme on dit. Il est vrai que j'étais entouré d'administrateurs* dynamiques tout aussi fiers que moi d' agrémenter la vie à Lambersart.:.

Évidemment toutes ces activités étaient intéressantes . Elles me plaisaient et ne demandaient qu'à se multiplier et à se diversifier.

C'est ainsi qu'avec R .Bouchez, le plus remuant citoyen lambersartois de l'époque, celui dont on disait qu'il rentrait par la fenêtre quand on l'avait fait sortir par la porte, je suis allé dans le cadre du jumelage , une journée à Viersen (All) où , avec le boulanger Desenclos nous avons fabriqué et fait apprécier les qualités de la baguette traditionnelle française .

C'est l'époque aussi où je me suis aventuré en politique . Au moment d'une élection présidentielle j'ai été séduit par Valéry Giscard d'Estaing. Et , pour avoir assisté à une réunion, je me suis trouvé fiché chez les Giscardiens et sollicité pour participer activement aux élections qui suivaient. C'était passionnant, j'en conviens . La vie militante est en effet exaltante mais en même temps il faut s'en méfier . Elle emprisonne vite dans des choix et des options que l'on n'approuve pas toujours ou en totalité. Rien n'est plus désolant et frustrant que devoir attendre l'avis des responsables avant de se prononcer personnellement . La discipline de groupe, les choix de parti sont parfois , par idéologie, contestables ou même opposés à l'intérêt commun. Il m'arrive de pester contre certains militants qui abandonnent tout sens critique pour tenir des propos ineptes, fanatiques et dans certains cas dangereux et grossiers. Il est vrai que l'exemple vient quelquefois d'en haut et sans remonter au «tout anticommuniste est un chien» de J.P. Sartre , on trouve facilement ce langage haineux chez les démagogues d'aujourd'hui. Heureusement, je n'ai connu ni ce corsetage ni ces excès . Quand je rencontre d'anciens et fidèles giscardiens j'éprouve une cordialité spontanée à leur égard. Réminiscence d'un autre siècle penseront certains avec indulgence.

Toujours est-il que compte tenu des mes activités multiples, mon nom était de plus en plus souvent cité dans la presse locale. Je devenais «une valeur», (petite pointe d'orgueil au passage?), aussi ai-je été sollicité par deux fois au moins pour adhérer au «Lion's Club» et à la Franc-Maçonnerie. J'ai refusé par deux fois chacune de ces propositions : l'une parce que je craignais d'ajouter un engagement à des engagements déjà lourds; l'autre parce que l'entre-soi clandestin me déplaît. Mais je n'ai pas refusé d'entrer au conseil municipal …

 

*Edmond Vanuxem et son épouse bien sûr, mais aussi D Keirle, G.Pattou, C. Barazutti, M.J.Dame, H. Paresys,, M. Bideau, O. Williatte, M.Degand, G.Beyls, C. Fauvarque, M.D.Doutriaux, M.Lacour, A. Vermeylen,,M.Barin, M.Duprez ,F.Delbecque, J.Room..., j'en oublie et R.Musmeaux qui m'a succédé avant de laisser la place à la nouvelle équipe qui veut donner une nouvelle impulsion.

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