BARABBAS

Publié le par lambersart-yvon cousin

Aujourd'hui, comme chaque vendredi saint, je revis de manière singulière le procès et la crucifixion du Christ.

J'avais vingt ans et je faisais partie d'une petite troupe de théâtre dirigée avec passion par Ghislain Gouwy, décédé l'an dernier. C'était une personnalité complexe : professionnellement éducateur, politiquement quasi anarchiste et culturellement poète, le tout dans une carcasse de viking. Sa grande taille, sa voix de stentor, son épaisse barbe bouclée lui donnaient l'allure d'un barde . « Barde flamand » ! comme il s'était lui-même baptisé .
J'appréciais sa rugosité et il ne me déplaisait pas de le provoquer et de l'acculer à s'interroger sur les « attraits » mirifiques de l'URSS : ses goulags, ses procès staliniens, ses purges et autres délicatesses.

Sous sa direction j'ai donc joué dans plusieurs pièces , tantôt dramatique comme « les fusils de la mère Carrare » de Bertolt Brecht, tantôt comique comme comme « les Gaietés de l'Escadron «  de Georges Courteline.

Aujourd'hui je me souviens de « Barabbas » de Michel de Ghelderode .

J'y interprétais le rôle du gouverneur romain Ponce Pilate . Comme le lui permettait la coutume, le gouverneur

 pouvait gracier un prisonnier pour la Pâque juive . Il avait le choix entre un nommé Jésus de Nazareth et Barabbas, un truand notoire, vulgaire , séditieux et meurtrier . Sa sympathie penchait vers Jésus  , aussi , pour dissiper son hésitation, demanda-t-il par deux fois à la foule qui, de Jésus ou de Barabbas il devait libérer. « Libérez Barabbas ! Libérez Barabbas ! » cria la foule .Troublé, contrarié et lâche , le gouverneur décida de se laver les mains de cette sentence injuste.
Vous connaissez la suite …

Mais peut-être ne connaissez-vous pas ces deux pensées, toujours d'actualité, auxquelles je souscris et que je soumets sans prétention à votre méditation :

« La foule sauve toujours Barabbas »  du philosophe allemand Nietzsche

et «  Aime le peuple , évite la foule . » de Charles Baudelaire .
Joyeuses fêtes de Pâques !

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