L'ENCENS

Publié le par lambersart-yvon cousin

J'assistais ce matin à des funérailles et une fois encore à la fin de l'office religieux, quand le prêtre a fait le tour du cercueil pour encenser la défunte, un souvenir d'enfance a resurgi. Mes lecteurs fidèles et anciens savent -car je l'ai déjà écrit ici – que j'ai été élevé dans une famille de vrais catholiques, et que, si j'ai eu l'honneur de servir la messe au cardinal Gerlier , à l'époque archevêque de Lyon et primat des Gaules ,j'ai aussi en tant qu'enfant de choeur servi les prêtres à de nombreux offices.

Le rituel et les prières en latin me sont restés gravés et l'odeur de l'encens m'émeut encore. Combien de fois n'ai-je pas présenté l'encensoir au célébrant qui déposait sur les pastilles de charbon incandescent quelques graines d'encens ? J' aime cette odeur si particulière qui se diffuse dans l'église. J'aime cet encens d'église si différent des encens tibétains ou indiens. Oserais-je écrire que j'éprouve peut-être la même intense émotion que l'écrivain Marcel Proust , ému lui aussi au souvenir de la madeleine trempée dans une infusion que sa tante Léonie lui offrait chaque dimanche ?

Hélas, ce matin encore j'ai été frustré. Comme il se doit, le père Bordarier qui officiait, a encensé la défunte en signe de grand respect. Mais, si mes souvenirs sont précis, quand j'étais enfant de choeur (« de mon temps » comme l'on dit parfois ) les fidèles aussi étaient encensés ! Pourquoi ne le sommes nous plus ? Ah ! mécréants ou pécheurs et pécheresses que nous sommes ! Il faudra bien qu'un jour je pose la question...

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article