MONSIEUR LE SENATEUR

Publié le par lambersart-yvon cousin

Monsieur le Sénateur,

Je me suis réjoui il y a quelques semaines quand un certain nombre de « grands électeurs » vous ont permis d'entrer au Sénat tout en regrettant que la grande majorité n'ait pas compris combien vous nous êtes précieux.Vous avez su être maire, député, ministre tantôt dans un parti tantôt dans un autre grâce à votre sens de l'adaptabilité. C'est une qualité indéniable.
Aujourd'hui je lis dans la Voix du Nord que vous serez pour quelques années encore président de l'Agence d'Urbanisme puisqu'une loi scélérate vous oblige à quitter la fonction de maire de Lambersart et celle de vice président à la MEL.

Je ne suis pas  en effet  de ceux qui se réjouissent de vous voir réduit au rang de simple conseiller métroplitain ou conseiller municipal dans la ville qui vous a tant aimé... il y a 25 ans.

Je me console pourtant car je ne doute pas que vous saurez imposer vos volontés à celle que vous avez choisie comme votre successeur et que vos conseillers – à l'exception des élus d'opposition qui se complaisent toujours dans le caniveau – entérineront comme d'habitude docilement et unanimement.

Heureusement vous avez décidé de ne pas nous abandonner complètement et deux jours par semaine , avez vous déclaré, vous serez parmi nous. Après tout le Sénat de la République n'est pas chose assez importante pour que vous lui consacriez plus de temps. Vous nous rassurez donc.

Autre sujet de satisfaction pour vos admirateurs dont je suis, vous avez décidé de priver votre successeur de l'automobile et du chauffeur qui vous ont tant servi. Je pense même que votre bureau à la mairie devrait rester sans autre utilisateur. Ce serait une profanation.

A propos de voiture, de mauvaises langues ironisent et se moquent parce que vous avez fait acheter une automobile à l'Agence d'Urbanisme et que votre chauffeur vous y suivra comme vous y avez déjà introduit le directeur des services de la ville de Lambersart. Certainement parce que ce dernier est sous employé à la mairie. Je reconnais bien là votre souci d'une employabilité maximale du personnel.

Laissez causer ! Vous méritez bien d'avoir une voiture de fonction avec chauffeur ! Je pense même que votre chauffeur devrait porter une livrée ou au moins une casquette . Peut-on imaginer en effet que vous conduisiez vous même votre véhicule ?

Laissez les gueux se plaindre et vous jalouser. L'argent public dépensé pour votre bien-être et votre confort est de l'argent public bien employé.

Enfin, Monsieur le Sénateur, permettez moi de vous faire part du chagrin que j'éprouve déjà à la pensée qu'on ne vous verra peut-être plus à chaque page du magazine municipal. Vous me faisiez tant rêver par votre prestance et votre bonhomie. Consolons nous, il nous restera quand même votre épouse si dévouée à notre bonne ville.

Bon vent Monsieur le sénateur ! Permettez moi de terminer cette lettre par une formule ancienne que certains de vos conseillers pourraient faire leur : je suis avec un zèle respectueux , votre très humble, très obéissant et très fidèle serviteur

 

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Brigitte 09/11/2017 16:45

Ah ! qu’en termes galants ces choses-là sont mises ! (Molière) Mais on ne peut accuser M. Daubresse d'être un Misanthrope, il a trop besoin de ses affidés. Pourtant, rêvons un peu : et si certains d'entre eux se décidaient à rompre le pacte "secret" qui les lie à leur chef et ne votaient pas pour "sa successeure" (?? quel mot horrible !) . Ou si celle-ci, à l'instar de son homologue de St André pressentie pour succéder à M. Henno, refusait de n'être qu'un pantin et décidait elle-même de former son équipe ? Il n'est pas interdit de rêver que "l'adaptabilité" ne soit pas l'apanage d'un seul